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La hausse du chômage accélérera-t-elle les réductions de taux à venir de la Banque du Canada ?

Le marché du travail canadien a chuté en juin, le taux de chômage atteignant 6,4 %, en hausse par rapport au mois précédent.

Canada unemployment rate rising

Le marché du travail canadien a trébuché en juin, le taux de chômage augmentant plus que prévu à 6,4 %.

Malgré ce rapport décevant, les économistes pensent généralement que la Banque du Canada continuera à prendre son temps avant d’effectuer sa prochaine baisse de taux.

L’économie a enregistré une perte nette de 1 400 emplois en juin, selon les chiffres publiés aujourd’hui par Statistique Canada. Cela comprend un gain de 1 900 postes à temps partiel, mais une perte de 3 400 emplois à temps plein. Ce résultat est bien inférieur aux attentes des économistes qui prévoyaient un gain de 25 000 postes.

Qui souffre de ces fluctuations ?

Les pertes d’emplois se sont concentrées dans les secteurs du transport et de l’entreposage (-12 000 ; -1,1 %) et de l’administration publique (-8 800 ; -0,7 %), tandis que des gains importants ont été enregistrés dans l’hébergement et la restauration (+17 000 ; +1,5 %).

« Nous observons des pertes d’emplois dans des domaines comme la fabrication, le travail de bureau et les emplois solides, mais des augmentations massives dans la restauration rapide, l’hébergement (hôtels), etc. », a remarqué Ryan Sims, expert en taux. « Nous échangeons des postes bien rémunérés contre des postes temporaires et mal payés », une tendance qui, selon lui, dure depuis un certain temps.

Le taux de chômage national du Canada a augmenté de 1,3 point de pourcentage depuis avril de l’année dernière, ce qui équivaut à 1,4 million de chômeurs en juin, soit une augmentation de 42 000 par rapport à mai.

Les données de Statistique Canada révèlent également que seulement 21,4 % des chômeurs en mai ont trouvé un emploi, un taux inférieur à la moyenne d’avant la pandémie de 26,7 %. De plus, la proportion de chômeurs de longue durée (plus de 27 semaines) a augmenté de 4 points de pourcentage pour atteindre 17,6 %.

« Une proportion plus faible de chômeurs passant à l’emploi peut indiquer que les gens rencontrent de plus grandes difficultés à trouver du travail dans le marché du travail actuel », a observé Statistique Canada.

Les groupes les plus touchés comprennent les jeunes de 15 à 24 ans, dont le taux de chômage a augmenté de 0,9 point de pourcentage pour atteindre 13,5 %, et les nouveaux immigrants, dont le taux de chômage a augmenté à 12,7 %.

Les économistes de la Banque Nationale ont souligné le déséquilibre entre la création d’emplois et la récente forte croissance démographique.

« La création d’emplois n’a pas suivi le rythme de la hausse météorique de la population depuis un certain temps », ont écrit les économistes Matthieu Arseneau et Alexandra Ducharme dans une note. « Une stagnation de l’emploi comme celle observée en juin, alors que la population augmente de 100 000 personnes, est un écart récessionniste. »

Au niveau régional, le Québec a connu une perte nette de 18 000 postes (-0,4 %), tandis que le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador ont enregistré des gains d’emploi de 3 000 (+0,8 %) et 2 600 (+1,1 %) postes, respectivement.

Baisse des taux : en juillet ou en septembre ?

Bien que le Canada ne connaisse pas de pertes d’emplois importantes sous le poids des taux d’intérêt élevés et d’une économie faible, cela ne change pas le fait que les chiffres de l’emploi de juin étaient « terribles », selon Bruno Valko, vice-président des ventes nationales chez RMG.

« Nous le constatons dans notre secteur avec les clients et leurs difficultés à acheter des maisons, à renouveler à des taux plus élevés, etc. », a-t-il écrit dans une note aux abonnés. « Espérons que maintenant, les économistes voient notre véritable marché du travail. Il n’est pas résilient. Il est faible la Banque du Canada le remarquera. »

Douglas Porter, économiste en chef de BMO, a souligné l’importance de ces données, déclarant : « Ce rapport souligne le fait que le marché du travail canadien ne peut plus simplement être considéré comme tendu — en fait, il bascule rapidement dans l’autre direction. »

Néanmoins, la plupart des économistes pensent que la Banque du Canada agira avec prudence avant d’effectuer sa prochaine baisse de taux anticipée, qui pourrait intervenir dès sa prochaine réunion le 24 juillet, ou pas avant le 4 septembre.

« En tant que résultat isolé, l’assouplissement du marché du travail augmente les chances d’une baisse des taux de la Banque du Canada », a écrit M. Porter. « Cependant, les salaires restent la définition même de la rigidité, ce qui donnera à réfléchir à la Banque. »

Le salaire horaire moyen en juin était de 34,91 $, représentant un taux de croissance annuel de 5,4 %, en hausse par rapport à 5,1 % en mai.

M. Porter a ajouté que pour que la BdC procède à une baisse des taux en juillet, les résultats de l’inflation de juin, qui seront publiés le 16 juillet, devraient être « exceptionnellement modérés ». Il a suggéré que bien que la faiblesse du marché du travail prépare le terrain pour de nouvelles baisses de taux plus tard cette année, les emprunteurs de prêts hypothécaires à taux variable pourraient ne pas voir de réduction des taux ce mois-ci.

Leslie Preston, économiste à TD, a souligné que les indicateurs économiques clés attendus avant la décision de taux de la BdC du 24 juillet joueront un rôle crucial pour déterminer si la BdC procédera à un mouvement de taux en juillet ou en septembre.

« Dans les deux cas, l’économie canadienne ne s’effondre pas et nous nous attendons à ce que les baisses de taux soient graduelles au cours du reste de l’année », a-t-elle écrit.

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Last modified: juillet 8, 2024

Steve Huebl is a graduate of Ryerson University's School of Journalism and has been with Canadian Mortgage Trends and reporting on the mortgage industry since 2009. His past work experience includes The Toronto Star, The Calgary Herald, the Sarnia Observer and Canadian Economic Press. Born and raised in Toronto, he now calls Montreal home.

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